A Touques, dans le quartier de la Reine Mathilde, au milieu de petits immeubles bas à loyer modéré, les Tréteaux se décentralisent. Théâtre de parking sous le regard des fenêtres (celles du terrible Flaubert avec, à son balcon, deux spectateurs en culotte courte). Théâtre de verdure avec haie de thuyas et bosquets protecteurs. Théâtre où l’on s’égare sous un ciel indécis, loin de ses habitudes. Les enfants en vacances se répètent les chansons entendues à l’école et leurs mères sont très fières de les (...)
Chemin des animaux... Aujourd’hui, la petite Dolly a quelques bonnes raisons de se faire des poils blancs : le marché de Bricquebec est aussi un marché où l’on vend des agneaux et le chant douloureux qui monte des bétaillères est autrement moins harmonieux que la chorale approximative des clowns et des anges. Afin de protéger sa craintive mascotte, le théâtre se cache derrière un odorant rideau de camionnettes de rôtisserie. Saucisses, kebabs et poulets à la broche enfument le parterre et reçoivent en (...)
Sur le parvis de la cathédrale : la famille Magnifique renoue avec une vieille tradition foraine sous le grand soleil de juillet. Devant un décor gothique flamboyant, les acrobates s’envolent au dessus des gargouilles et les clowns mènent leur barque avec un sens du religieux adapté à ce chemin des anges. Un cortège de mariage très chic vient de déserter la nef encore pleine de musique et les fredaines des boites crâniennes chiffonnent les belles robes d’organdis et les noeuds papillon de la noce. (...)
Loin de la Nationale 13 et de son trafic incessant, Valognes nous fait découvrir des espaces encore inconnus. A l’occasion de cette représentation du soir, le camion a quitté la grande place du marché pour un endroit beaucoup plus calme. Entre l’école de musique, le monument aux morts et le jardin public, le théâtre s’est mis au vert, en pleine ville. On y pique-nique dans un désordre de tables, de caisses et de muret, on y attend les spectateurs comme on y attend la lumière et le premier arrivé (...)